Dernière mise à jour : 11 août 2026

Une enquête publiée cette semaine chiffre ce que beaucoup d'acheteurs en ligne soupçonnaient déjà : ils ne peuvent souvent pas dire si la photo produit devant eux est réelle. Caimera a interrogé 502 consommateurs américains sur leur ressenti face aux images produit générées par IA. Le résultat intéressant n'est pas que les gens rejettent la technologie en bloc, mais que la plupart ne parviennent pas à la détecter, et que c'est précisément cette incapacité qui les pousse à en réclamer l'étiquetage, selon le rapport relayé par FashionNetwork.

Close-up of a black lace thong with a deep burgundy satin inner lining, shown on a dark background.

Ce que révèle l'enquête

Près de 85 % des répondants n'ont pas réussi à distinguer de façon fiable une image produit générée par IA d'une véritable photographie. Seuls 14,6 % y sont parvenus systématiquement, et à peine 0,4 % ont obtenu un résultat parfait sur l'ensemble du test. Une fois qu'ils réalisent ne plus pouvoir en juger par eux-mêmes, les gens demandent que la décision soit prise à leur place : environ 75 % du panel estiment que les images synthétiques devraient être étiquetées, et 74,7 % pensent que cet étiquetage devrait être obligatoire plutôt que facultatif.

L'ouverture globale à l'imagerie générée par IA se situe à 70 % chez les acheteurs américains, 54 % la jugeant acceptable dans certains contextes marketing. Ce chiffre baisse à mesure que le produit se rapproche du corps. Le mobilier et la décoration recueillent 65 % de réactions neutres ou positives, l'électronique 60 %. Le vêtement divise le panel : 57 % tolèrent l'IA sur des photos à plat, 51 % quand un vêtement apparaît sur un mannequin virtuel. La beauté et les soins de la peau obtiennent le score le plus bas, à 35 %. Le rapport trace une ligne assez nette entre le décor et le fond : l'IA est tolérée pour l'arrière-plan ou l'éclairage, et rejetée dès l'instant où elle modifie le vêtement lui-même, la texture de la peau, ou le résultat qu'une image promet à l'acheteuse.

L'écart de confiance entre la transparence et le silence est considérable. Face à deux marques utilisant la même technologie, 79 % des acheteurs disent faire confiance à celle qui le déclare, contre 4 % pour celle qui ne le fait pas. Sur les fiches produit spécifiquement, une approche hybride, photographie réelle accompagnée d'images synthétiques clairement étiquetées, est désormais le format préféré des acheteurs, à 47 %, devant une approche entièrement réelle à 37 %. Une répondante de l'étude, une consommatrice américaine de 35 à 44 ans, l'a formulé simplement : « Je veux juste une représentation fidèle du produit qu'ils vendent... la consommatrice devrait toujours pouvoir voir aussi la vraie chose. »

Overhead flat-lay of a black lace bra beside a tailor's tape measure, chalk, and pins on a dark work table.

Rien de tout cela ne se produit isolément. Depuis le 2 août, les contenus générés par IA en grand volume publiés dans l'Union européenne doivent porter une mention en vertu des règles de transparence de l'AI Act européen, avec des icônes telles que « IA », « généré par IA » ou « modifié par IA », des amendes étant prévues en cas de non-conformité une fois la période de grâce des systèmes déjà en usage terminée le 2 décembre. Amazon a de son côté commencé à exiger des vendeurs tiers qu'ils signalent les photos de fiches produit entièrement ou partiellement générées par IA, suite à la règle de l'État de New York imposant que les images commerciales précisent si un mannequin présenté est une personne réelle.

Pourquoi cet écart compte davantage dans le sur-mesure à la commande

Pour une marque qui vend un stock déjà prêt sur un portant, une photo produit lissée par IA est une décision marketing avec un risque de réputation si elle se fait remarquer. Pour une maison qui fabrique à la commande, la même photo se rapproche davantage d'une promesse sur ce qui arrivera réellement. Chaque pièce Lioness est coupée selon les mensurations qu'une cliente envoie au moment de la commande : tour de poitrine, tour sous poitrine, taille, hanches, prises avec un soutien-gorge bien ajusté et sans rembourrage. Il n'existe aucun échantillon de showroom à essayer avant de commander, et notre propre politique traite la pièce finie comme définitive ; le travail sur mesure n'est pas remboursable. Si la construction montrée sur une photo ne correspond pas à ce qui sort de l'atelier, cet écart devient exactement ce pour quoi la cliente a payé.

Cela explique aussi pourquoi l'authenticité arrive devant la désinformation comme principale préoccupation dans l'enquête : 34 % des répondants l'ont citée comme leur plus grande inquiétude, contre 21 % qui ont cité le fait d'être délibérément induits en erreur. La désinformation, c'est se voir dire quelque chose de faux sur un produit. L'authenticité, c'est ne plus pouvoir dire du tout ce qui est réel, un doute bien plus difficile à dissiper une fois installé.

A woman stands with her back to the camera in a minimalist concrete room, wearing a dark red lace lingerie set with matching thigh-high stockings. The brand name 'LIONESS LINGERIE' is visible in the bottom-left corner.

C'était déjà ainsi que Lioness fonctionnait avant la publication de cette enquête. Chaque photographie sur lioneslingerie.com montre un vêtement réellement fini, jamais un rendu ni une silhouette retouchée. Une cliente qui prend le tour de sa propre taille et de ses hanches pour une pièce fabriquée à la commande devrait retrouver, sur la photo, exactement la même dentelle et la même construction de bretelles auxquelles elle s'apprête à confier ces mensurations. La même logique sous-tend les lignes structurelles et architecturales de pièces comme la collection Odri : ce que voit une cliente est exactement ce qui sera fabriqué.

Atelier Notes est l'espace où l'équipe Lioness écrit sur l'industrie plus large de la mode et de la lingerie : moments de podium, récits de savoir-faire, et les idées qui traversent la mode et qui rejoignent notre propre façon de construire nos pièces. Une voix distincte des guides de Lioness Studio, mais portée par la même équipe.

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