Dernière mise à jour : 29 juillet 2026
La semaine de la couture parisienne vient de passer une saison entière à débattre du corset, et le corset a gagné. Chez Schiaparelli, Daniel Roseberry a construit des robes autour de bustiers hyperréalistes, sculptés de façon anatomique, certains coulés en silicone avec une telle précision qu'ils se lisent comme une seconde musculature plutôt que comme un vêtement. À quelques rues de là, l'idée qu'un corset appartient sous les vêtements plutôt qu'en tant que vêtement lui-même perdait discrètement du terrain toute l'année, défilé après défilé. Nous construisons chacune de nos propres pièces sur ce même postulat : la structure n'est pas quelque chose que l'on cache, c'est le propos.
Les corsets de Schiaparelli n'étaient pas une décoration, c'était de l'architecture
La collection couture Automne 2026 de Roseberry, intitulée « The Call of the Void », comprenait des robes ornées de bustiers anatomiques hyperréalistes sculptés en silicone, portés comme un second squelette plutôt que comme une pièce de maintien dissimulée en dessous. Un look, en bleu bleuet avec une jupe à ombré floral, plaçait la poitrine au centre même de la construction de la robe plutôt que de la dissimuler. C'est une version étrange et extrême d'une idée qui apparaît sous des formes bien plus portables au quotidien : un corset peut être le mur porteur d'une tenue, et non le placoplâtre caché derrière.

Cette tendance se construit depuis toute l'année, pas seulement chez Schiaparelli
Le défilé de Roseberry est arrivé la même semaine où les critiques discutaient encore de la collection printemps de Dilara Findikoglu, « Cage of Innocence », où le corsetage apparaissait sous un drapé transparent d'une manière qui brouillait délibérément la frontière entre la lingerie et le vêtement extérieur, transformant le corset en déclaration de maîtrise plutôt qu'en dissimulation. Cela s'inscrit dans une évolution plus large que la presse spécialisée suit depuis 2026 : des pièces à la coupe intime portées comme couche extérieure visible, et non cachées en dessous, un procédé de podium devenu presque une habitude vestimentaire durable.
Pourquoi maintenant, et pourquoi ce n'est pas qu'un coup d'éclat de podium
La lecture de la plupart des critiques de la saison n'était pas tant « le corset revient » que « le corset a changé de fonction ». Un corset promettait autrefois la contrainte : quelque chose dans lequel un corps était lacé et devait endurer. Ce qui apparaît aujourd'hui, chez toute une variété de créateurs très différents les uns des autres, traite la même silhouette comme un outil de confiance et de maîtrise plutôt que comme une contrainte. C'est une idée véritablement différente, même quand la silhouette sur le podium ressemble à celle d'il y a un siècle.
C'est aussi, franchement, plus proche de ce que devrait ressentir une pièce bien ajustée dès le départ. Une structure construite selon vos mensurations réelles ne lutte pas contre votre corps, elle le soutient, la même logique qui sous-tend tout vêtement coupé sur mesure plutôt que selon un tableau de tailles générique.
Où cela se situe dans notre propre approche
Une grande partie de cette idée vit déjà dans des pièces que nous confectionnons depuis des années, sans jamais l'avoir appelée une tendance. Un porte-jarretelles est, structurellement, le petit cousin d'un corset : une pièce façonnée et visible, construite pour dessiner une taille délibérément plutôt que pour disparaître sous une robe. Associé à des bas, c'est sans doute la version la plus littérale de « la structure portée à découvert » qui existait déjà dans la lingerie, bien avant qu'un podium de couture n'en fasse la démonstration. Nos ensembles Odri s'inscrivent aussi dans cette même lecture architecturale, un peu moins littéralement.
Rien de tout cela ne change ce que nous confectionnons. C'est plutôt que les plus grandes scènes de l'industrie viennent de passer une saison entière à plaider pour une façon de s'habiller que nous construisons depuis le premier jour : sur mesure, sans complexe quant à montrer sa propre construction.

Quelques questions honnêtes que soulève cette tendance
La tendance « corset porté comme vêtement extérieur » va-t-elle vraiment durer, ou n'est-ce qu'un moment de semaine de la couture ?
Les pièces de couture elles-mêmes quittent rarement le podium, mais l'idée qui les sous-tend, si, généralement. Le glissement du « corset comme gaine cachée » vers le « corset comme élément de design visible » se construit à travers de multiples défilés distincts tout au long de 2026, pas dans une seule collection, ce qui est généralement meilleur signe de pérennité qu'un unique look spectaculaire.
Faut-il un véritable corset baleiné pour adopter cette tendance, ou un soutien-gorge structuré suffit-il ?
Un soutien-gorge ou un bustier structuré et bien baleiné se lit stylistiquement de la même manière, et il est bien plus portable au quotidien qu'un corset entièrement baleiné. L'idée qui porte cette tendance, une structure visible plutôt que dissimulée, fonctionne avec l'un comme avec l'autre.
À propos d'Atelier Notes. Atelier Notes est l'espace où l'équipe Lioness écrit sur l'industrie plus large de la mode et de la lingerie : moments de podium, récits de savoir-faire, et les idées qui traversent la mode et qui rejoignent notre propre façon de construire nos pièces. Une voix distincte des guides de Lioness Studio, mais portée par la même équipe.











