Dernière mise à jour : 1er août 2026
Le 28 juillet, Burberry et le V&A ont annoncé une exposition gratuite intitulée The Burberry Trench: Crafting an Icon. Elle ouvre au V&A South Kensington le 21 septembre 2026 et se poursuit jusqu'au 3 janvier 2027, dans la Prince Consort Gallery, une salle que le musée ouvre rarement et qui abritait autrefois des tissus de la collection textile dans des vitrines en acajou. L'exposition marque les 170 ans de la maison, fondée par Thomas Burberry en 1856.
La plupart des expositions consacrées à un vêtement emblématique s'organisent autour de ceux qui l'ont porté. Celle-ci s'organise autour de la façon dont l'objet est construit. Trois sections, dont celle du milieu s'intitule Craft.
Ce que le musée a jugé digne d'une vitrine
La section d'ouverture, Invention, retrace la mise au point de la gabardine de coton par Thomas Burberry en 1879 et la façon dont ce tissu a transformé le manteau en véritable vêtement de protection. La section finale, Creativity, rassemble 19 looks de podium des deux dernières décennies et demie, dont des créations de Daniel Lee et Christopher Bailey.
Entre les deux se trouve Craft, que le communiqué de Burberry décrit comme un décryptage des éléments soigneusement façonnés qui composent le trench : le col fini à la main, la doublure House Check, la patte tempête, l'attache de gorge amovible. Chacun de ces éléments est une pièce de patronage, une couture ou une fermeture. Ce sont les parties d'un vêtement qui restent normalement invisibles sur une photo de presse.
Le col est la partie qui demande un an
Le propre récit de Burberry sur la fabrication de ses trenchs Heritage chiffre la chose. Le col est l'élément le plus complexe de la construction du manteau. Il se compose de huit pièces distinctes, et il faut jusqu'à 270 points pour façonner la courbe qui lui permet de se poser correctement contre la nuque. Un mécanicien peut passer jusqu'à un an à apprendre cette seule couture. La gabardine est tissée à la manufacture de la maison à Keighley, et les manteaux Heritage sont coupés à Castleford, dans le Yorkshire, depuis plus de 50 ans, selon la description publiée par Burberry de ce vêtement.
Personne, en achetant un trench, ne compte les huit pièces. Le chiffre importe tout de même, car c'est toute la raison pour laquelle un manteau tombe correctement sur les épaules alors qu'un autre ne le fait pas. Chaque promesse de qualité que fait le manteau se résout, en définitive, dans cette couture.
Des détails nés comme des consignes
Les éléments les plus reconnaissables du trench ont d'abord été des exigences fonctionnelles avant d'être des ornements. Les épaulettes affichaient à l'origine le grade d'un officier. Les anneaux métalliques en D sur la ceinture servaient à fixer de l'équipement. La doublure Check équipe les manteaux depuis les années 1920. Tout cela résolvait d'abord un problème, ce qui explique pourquoi ces détails ont traversé un siècle de réinterprétations sans jamais paraître costumés.
Carly Eck, conservatrice de la marque chez Burberry, explique que l'exposition montrera pour la première fois au public des pièces d'archives, depuis des catalogues du début du vingtième siècle jusqu'à un trench-coat porté par Hardy Amies, le couturier de Savile Row qui a habillé la reine Elizabeth II pendant un demi-siècle. Le manteau prêt-à-porter d'un tailleur sur mesure est un test de construction raisonnable. Il savait exactement ce qu'il regardait.
Pourquoi nous nous intéressons à un manteau
Nous ne confectionnons pas de prêt-à-porter extérieur. Nous confectionnons de la lingerie sur commande, taillée aux mensurations d'une seule personne, ce qui place notre travail exactement là où le V&A a choisi de porter son regard : les parties d'un vêtement que personne ne photographie.
Un soutien-gorge est plus proche d'un col de trench qu'il n'y paraît. La bande porte presque toute la charge. La quincaillerie doit maintenir la tension sans marquer. La géométrie des bretelles décide si le poids repose sur l'épaule ou en glisse. Nos jarretières Simple Ring sont construites autour d'anneaux plaqués or de la même façon que la ceinture du trench est construite autour de ses anneaux en D, et l'anneau y porte lui aussi une véritable charge. Les pièces Quartet forment un agencement à quatre brides où l'angle de sortie de chaque bride depuis l'anneau détermine si l'ensemble reste en place. Dans les pièces Black Swan et Sensual Edge, le dos ouvert et les panneaux de mesh sont porteurs, leur emplacement se décide donc sur la table de patronage avant même que quiconque n'en observe l'effet.

Autre point à retenir du récit de Burberry : l'entretien. Son service ReBurberry couvre le nettoyage, la réparation et le reproofing, partant du principe qu'un manteau bien construit mérite d'être entretenu pendant des décennies. La lingerie sur mesure repose sur le même principe, à une échelle plus modeste. Une pièce coupée pour votre corps mérite d'être lavée avec soin, car il n'existe pas de remplaçant identique qui attend sur une étagère.
Si vous êtes à Londres cet automne
L'exposition est gratuite et ouverte à tous, du 21 septembre 2026 au 3 janvier 2027 au V&A South Kensington. Elle précède la Burberry Gallery, une refonte des galeries mode du musée soutenue par la maison, dont l'ouverture est prévue à l'automne 2028. Oriole Cullen, conservatrice principale mode et textiles du V&A, présente cette exposition comme un avant-goût de ce partenariat.
Pour qui s'intéresse à la façon dont les vêtements sont réellement construits, une salle de cols et de détails de coupe vaut mieux qu'une bonne partie des rétrospectives.
Atelier Notes est l'espace où l'équipe Lioness écrit sur l'industrie plus large de la mode et de la lingerie : moments de podium, récits de savoir-faire, et les idées qui traversent la mode et qui rejoignent notre propre façon de construire nos pièces. Une voix distincte des guides de Lioness Studio, mais portée par la même équipe.












